Les signes, du plus discret au plus visible
Une odeur de sous-bois
Dans une pièce fermée, une cave ou un placard, une odeur persistante de champignon ou de terre humide est souvent le premier indice. Elle ne prouve rien à elle seule, mais elle justifie de regarder de plus près.
Des bois qui se déforment
Un parquet qui se creuse, une lame qui sonne creux, une plinthe qui s’enfonce sous le pied, un cadre de porte qui se décolle : ces déformations peuvent signaler un bois détruit de l’intérieur.
La pourriture cubique
C’est la signature des champignons dits de pourriture brune, dont fait partie la mérule. Le bois brunit, perd sa résistance, se fissure dans les deux sens et se découpe en petits cubes qui s’émiettent sous les doigts. Un tournevis s’y enfonce sans effort.
Le mycélium
Sur une maçonnerie, un bois ou derrière un revêtement, la mérule forme un feutrage blanc, cotonneux, qui peut virer au gris, parfois taché de jaune ou de lilas. Dans une ambiance très humide, il ressemble à de l’ouate ; dans une ambiance plus sèche, il forme une peau grise qui se décolle en lambeaux.
Les cordons
C’est ce qui rend la mérule si redoutable. Elle développe des cordons gris, de quelques millimètres d’épaisseur, qui transportent l’eau et les nutriments. Ils traversent les joints de maçonnerie, passent derrière les enduits et permettent au champignon d’atteindre un bois situé plusieurs mètres plus loin, parfois dans une autre pièce ou chez le voisin.
La fructification
Quand le champignon est bien installé, il produit une fructification : une galette charnue, brun rouille au centre, bordée d’un bourrelet blanc, souvent perlée de gouttelettes d’eau. C’est elle qui libère les spores.
Les spores
Une fine poussière couleur rouille, ou brun cannelle, qui se dépose sur les meubles, les sols ou les rebords de fenêtre près de la fructification. Elle signale une mérule active, parfois cachée à proximité.
Mérule, moisissure ou autre champignon ?
| Ce que vous voyez | Plutôt une moisissure | Plutôt la mérule | Plutôt un autre champignon lignivore |
|---|---|---|---|
| Aspect | Taches noires, vertes ou grises, en surface | Coton blanc, cordons gris, fructification rousse | Coniophore des caves : bois brun foncé, filaments bruns, sur bois très mouillé |
| Support | Murs, joints, plafonds, tissus | Bois et maçonnerie autour du bois | Surtout le bois gorgé d’eau |
| Bois | Intact sous la tache | Pourriture cubique, perte de résistance | Pourriture cubique, souvent plus localisée |
| Extension | Limitée à la zone humide | Peut traverser les murs sur plusieurs mètres | Reste en général près de la source d’eau |
| Ce qu’il faut faire | Aérer, traiter l’humidité, nettoyer | Diagnostic professionnel, déclaration en mairie | Diagnostic professionnel |
Seul un professionnel, et en cas de doute un laboratoire, peut confirmer l’identification. La distinction compte : le traitement d’une mérule est beaucoup plus lourd que celui d’une moisissure.
Où chercher dans une maison bretonne
Pieds de murs en contact avec la terre, solives encastrées dans la maçonnerie, soupiraux bouchés.
Planchers sur terre-plein, lambourdes, plinthes et doublages contre un mur humide.
Sablières et pieds de chevrons sous une gouttière ou une ardoise défaillante, souches de cheminée.
Si vous reconnaissez un ou plusieurs de ces signes, ne grattez pas et ne balayez pas : vous disperseriez les spores. Fermez la pièce, notez ce que vous voyez, prenez des photos et faites venir un professionnel. Le déroulé du diagnostic et vos obligations sont expliqués sur la page diagnostic et obligations ; les étapes du chantier sur la page traitement.
Faire vérifier ce que j'ai vu