Étape 1 : un diagnostic précis
Tout commence par délimiter l’attaque. Le professionnel repère les zones visibles, sonde les bois au poinçon, mesure l’humidité des bois et des murs, et ouvre si besoin les doublages, plinthes ou planchers pour suivre les cordons. Il cherche surtout la source d’humidité : fuite, remontées capillaires, gouttière défaillante, condensation, défaut d’aération.
Le résultat est un plan de l’attaque et une liste de travaux. Sans ce repérage complet, on traite ce qui se voit et on laisse le champignon progresser ailleurs. Le diagnostic est détaillé sur la page diagnostic et obligations.
Étape 2 : supprimer la cause d’humidité
C’est l’étape la plus importante, et la plus souvent négligée. Selon les cas :
- réparer une fuite, une gouttière ou une descente d’eau pluviale ;
- reprendre une toiture ou une souche de cheminée qui laisse passer l’eau ;
- rouvrir des soupiraux, créer une ventilation de la cave ou du vide sanitaire ;
- retirer un enduit au ciment ou un doublage étanche qui empêche un mur en pierre de sécher ;
- traiter des remontées capillaires.
Dans une maison en granite ou en schiste, les murs doivent pouvoir respirer : un enduit à la chaux, perméable à la vapeur d’eau, remplace avantageusement un enduit ciment.
Étape 3 : déposer et assainir
Les bois atteints sont déposés, en allant au-delà de l’attaque visible. Une marge d’environ un mètre au-delà de la dernière trace est une pratique courante, car le mycélium progresse à l’intérieur du bois avant de se montrer. Les bois déposés sont évacués avec précaution, sans traverser la maison si possible.
Les maçonneries sont mises à nu : enduits et joints contaminés retirés, murs brossés pour enlever mycélium et cordons. Certaines entreprises passent ensuite une flamme sur la pierre pour détruire le mycélium en surface ; ce geste ne remplace pas le traitement en profondeur.
Étape 4 : traiter
Les murs sont percés selon un maillage régulier, puis un fongicide y est injecté pour former une barrière dans l’épaisseur de la maçonnerie, là où passent les cordons. Une pulvérisation complète le traitement en surface.
Les bois conservés à proximité sont traités par pulvérisation, et par injection pour les pièces de forte section.
Les produits doivent être adaptés à la mérule et utilisés selon leurs conditions d’emploi. Demandez lesquels seront employés, et sur quelles surfaces.
Étape 5 : reconstruire et surveiller
Les bois déposés sont remplacés par des bois traités, en évitant de les encastrer de nouveau directement dans une maçonnerie humide : sabots métalliques, cales ou isolation entre le bois et la pierre limitent le risque. Le séchage des murs prend du temps ; une surveillance de l’humidité les mois suivants permet de vérifier que la cause a bien disparu.
Ce que doit contenir un devis sérieux
Zones atteintes, mesures d’humidité, cause identifiée et travaux pour la supprimer.
Bois et revêtements à déposer, surfaces, marge retenue, évacuation des déchets.
Surfaces de murs traitées, maillage des injections, produits employés, bois traités.
Bois de remplacement, reprises de maçonnerie, durée et conditions de la garantie.
Un devis qui ne parle que de « traitement fongicide » sans dépose ni suppression de l’humidité doit vous alerter. Les ordres de grandeur sont sur la page prix du traitement, et les signes à surveiller après le chantier sur la page reconnaître la mérule.
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